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Publié par des-patriotes-de-france

 

La célèbre prison marseillaise, vétuste, qui a abrité la dernière exécution capitale et vu défiler des stars comme Bernard Tapie ou les plus fameux bandits corses, emménage enfin dans de nouveaux locaux.

D'elle, son ancien directeur disait qu'elle était une institution marseillaise au même titre que l'OM ou le Vieux-Port. Une institution qui va vivre ce dimanche et lundi la plus importante révolution de son histoire.

Par petits groupes, dans des véhicules, 600 hommes et 130 femmes vont quitter les bâtiments historiques de la prison des Baumettes. Ils prendront leurs quartiers quelques centaines de mètres plus loin, dans le centre pénitentiaire flambant neuf dit des Baumettes 2. Une étape majeure, qui préfigure à terme la désaffectation et la destruction des quatre structures construites dans les années 1930. Pendant encore un an, un millier de prisonniers, y patienteront en attendant d'être transférés à Aix ou Draguignan (Var). Alors, la destruction pourra commencer. L'objectif est que d'ici 2021 ne reste plus rien des Baumettes historiques, à l'exception des murs d'enceinte, classés.

«Les conditions vont être sensiblement améliorées, et pour tout le monde», se félicite Wilfried, un surveillant. «Les détenus vont changer de siècle», résume d'une formule Philippe Peyron, directeur interrégional de l'administration pénitentiaire. C'est qu'il y avait urgence. «Les Baumettes, c'est un enfer», souffle Françoise*. Son époux en est un habitué. «Il me dit que même un animal ne se laverait pas dans les douches.»

 

Zaïre acquiesce. Sous le regard de Christelle Rotach, la directrice, ce détenu de 37 ans évoque les boutons qu'il a attrapés à cause du manque d'hygiène. «Et plus récemment, on m'a trouvé un virus.» En 2012, le tribunal administratif avait enjoint l'Etat de rénover ce que le Conseil de l'Europe qualifiait d'«endroit répugnant». Plusieurs centaines de cellules avaient été refaites, qui seront donc bientôt détruites. Sans frustration pour la directrice : «Elles étaient déjà à nouveau dégradées», soupire-t-elle.

 

 

 

 

 

 

Les nouvelles cellules, pouvant accueillir deux personnes, sont dotées de mobilier neuf et propre.

LP / JEAN NICHOLAS GUILLO

Cette fois, avec les Baumettes 2, on est loin du cautère sur une jambe de bois. Chaque coursive accueillera 74 détenus, moitié moins que dans les anciens bâtiments. Dans les cellules flotte une odeur de neuf. Toutes ont déjà été attribuées, estampillées chacune de deux numéros d'écrou. Initialement, l'encellulement individuel devait être la règle. Une norme rattrapée par la réalité de la surpopulation.

Des situations plus vivables

Amélioration de taille : chaque binôme disposera d'une douche. «Ça nous enlèvera 70 % des mouvements, et l'on pourra se concentrer sur l'humain», anticipe un surveillant. Télé et draps sont encore sous plastique, comme le matelas, modèle «Alcatraz, jaune». Loin du sinistre pénitencier américain, un gymnase, une salle de conférences permettront à l'établissement de pouvoir prétendre à sa mission de réinsertion.

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